Le logiciel passera systématiquement en revue toutes les hypothèses susceptibles d'expliquer votre observation : étoiles, satellites, avions, ballons, etc.
Une méthode d'enquête sur les PAN consiste à objectiver les faits, à établir :
Enfin, nous considérons qu'un phénomène est objectif lorsque :
Preuves et faits fiables
Déclarations ↔ Hypothèse
(Consistance) C > E (Étrangeté)
Une affirmation extraordinaire nécessite
une preuve extraordinaire.
Carl Sagan
Étrangeté (E)
E = 1 est inatteignable
E = 1 - Max([Hyp])
E est une mesure mathématique de la distance par rapport au réel. Nous désignons l'Etrangeté comme le complément à 1 de l'hypothèse explicative la mieux connue [0-1]. Échelle non linéaire.
Consistance (C)
C = 1 est inatteignable
C est une mesure de la quantité d'informations fiables collectées [0-1]. Échelle non linéaire.
C = fiabilité(f) x volume d'information(i)
Les classifications A, B, C et D sont déduites des concepts de Consistance et d'Etrangeté, calculés lors de l'évaluation des hypothèses, et non l'inverse.
Cela permet de minimiser l'impact psychologique ou les projections mentales liées aux catégories A, B, C et D. Mais cela permet également de replacer la classification proposée dans son contexte : alors que le passage d'un cas de la catégorie B à la catégorie D créerait un préjugé immédiat sur le résultat de l'enquête, le fait de faire passer le facteur d'étrangeté (E) de 0,48 à 0,52 n'est qu'une modification mineure.
Cette approche réduit l'impact des attentes conscientes ou inconscientes concernant la classification.
La valeur d'étrangeté (E= 0,550) mesure la distance entre les phénomènes observés et ce qui est actuellement connu ou compris. Elle est calculée comme le complément à 1 de l'hypothèse la mieux notée (dans ce cas, 0,450).
Il est important de noter que l'évaluation de l'étrangeté ne suit pas une progression linéaire. De petites augmentations de la valeur d'étrangeté peuvent représenter des écarts disproportionnés dans la compréhension, en particulier lorsque la valeur se rapproche de 1. Ce comportement non linéaire reflète la difficulté croissante d'expliquer les phénomènes à mesure qu'ils s'éloignent des cadres connus.
La méthodologie du GEIPAN intègre ce concept pour plusieurs raisons :
En définissant l'étrangeté comme le complément de la meilleure hypothèse disponible, nous fournissons un cadre quantitatif permettant de mesurer dans quelle mesure un phénomène s'écarte des connaissances établies.
Cela permet d'encadrer l'inconnu de manière systématique, offrant ainsi un point de départ pour approfondir l'enquête tout en évitant les conclusions prématurées.
L'utilisation d'une progression non linéaire dans la mesure de l'étrangeté est particulièrement importante, car elle rend compte des défis exponentiels que représente l'explication des phénomènes à mesure qu'ils s'éloignent des paramètres connus.
Cette approche correspond bien à la manière dont fonctionne généralement la compréhension humaine : les petites lacunes dans les connaissances sont plus faciles à combler, mais les lacunes plus importantes nécessitent exponentiellement plus d'efforts, de ressources et de percées.
Lier la valeur d'étrangeté au complément du meilleur score d'hypothèse crée une base objective pour évaluer les phénomènes.
Dans le même temps, la méthodologie reste adaptative, ce qui permet de l'affiner à mesure que de nouvelles hypothèses ou données deviennent disponibles.
Cette approche peut faciliter les discussions entre les disciplines, en fournissant un langage commun aux scientifiques, sociologues, ingénieurs et décideurs politiques pour évaluer la « distance » entre les phénomènes et ce qui est connu dans leurs domaines respectifs.
Reconnaître une valeur d'étrangeté élevée témoigne d'une humilité intellectuelle : cela revient à reconnaître les limites des connaissances actuelles tout en restant ouvert à l'exploration de nouvelles possibilités. Cela est particulièrement important dans la recherche sur les PAN, où les idées préconçues peuvent souvent fausser les analyses.
Si l'étrangeté est une dimension essentielle pour évaluer un cas, elle ne suffit pas à elle seule pour tirer des conclusions. L'étrangeté mesure dans quelle mesure un phénomène s'écarte des cadres connus, mais sans preuves corroborantes, elle reste spéculative. La dimension de la Consistance, qui quantifie la quantité d'informations fiables disponibles, est tout aussi importante. La Consistance peut être exprimée comme suit :
C = λ x ρ
où représente la Consistance, λ est la quantité d'informations utiles collectées et ρ est la fiabilité de ces informations, toutes deux comprises entre 0 et 1. Le produit illustre un principe clé :
Tout comme l'étrangeté, la consistance varie également de 0 à 1, avec une progression non linéaire. Cet équilibre garantit que la consistance reflète à la fois l'étendue et la fiabilité des preuves disponibles.
Contrairement à une preuve mathématique, où les conclusions sont absolues, l'évaluation de phénomènes inexpliqués s'apparente à un processus judiciaire : une convergence de faits doit s'aligner collectivement pour former l'explication la plus plausible, tandis que des incertitudes subsistent inévitablement en raison de la complexité du monde réel.
Comme l'a si bien dit Carl Sagan, « Les affirmations extraordinaires nécessitent des preuves extraordinaires », et pour clore une affaire, nous devons donc nous assurer que C > E.
En ce sens, à mesure que l'Etrangeté augmente, la Consistance doit également être renforcée proportionnellement afin de maintenir une analyse rigoureuse et fondée.
Ainsi, bien que des explications plausibles soient explorées, l'aspect non résolu de la consistance — en raison de témoignages incomplets ou non sourcés — devrait rester un élément central pour mener à bien ce travail. L'évaluation de la consistance nécessite l'accès à des preuves sourcées, telles que des témoignages directs, des images ou des données physiques. Sans cela, même les phénomènes les plus frappants risquent de tomber dans le domaine de la conjecture.
L'enquêteur est invité à créer un tableau d'hypothèses afin d'évaluer chaque phénomène explicatif pouvant être pertinent dans le contexte d'observation. Il est important de rester ouvert :
Chaque hypothèse est décomposée dans un tableau d'arguments constitué d'une liste standardisée d'éléments fondamentaux. Chaque élément est un critère descriptif unique, orthogonal aux autres : taille, couleur, forme, trajectoire, etc.
| ÉLÉMENT | PAN | HYP | ARGUMENTS POUR | ARGUMENTS CONTRE | VALEUR ARG [-1, 1] |
|---|---|---|---|---|---|
| Forme | Sphère | Sphère | Exactement la même forme | Aucun | 1 |
| Vitesse Angulaire | Aucun | Hauteur | Le phénomène a été décrit comme immobile | Une observation très brève | -.8 |
| OBS. Phénomènes | ÉLÉMENT | PAN | HYP Balle de tennis | VALEUR ARG [-1, 1] | HYP 1. Balle de tennis | HYP 2. Soleil |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
Forme | Sphère | Sphère | 1 |
|
|
| Couleur | Jaune | Jaune | 1 | |||
| Élévation | 70° | 65° | .8 | |||
| Azimut | 225° | 200° | .5 | |||
| Taille de l'appa. | .5° | .5° | .9 | |||
| Trajectoire | Linéaire | Courbé | 0 | |||
| Vitesse Angulaire | Aucun | Élevé | -.8 | |||
| Argument le plus faible | -.8 | Fiabilité hyp. .1 | ||||
La valeur la plus faible est convertie en un score compris entre [0, 1] : il s'agit de la fiabilité de notre hypothèse :
Hyp = (Min( [Arg] ) + 1) / 2
Compte tenu des incertitudes liées aux données collectées, il pourrait être utile de prendre la moyenne des deux éléments les plus faibles.
Si plusieurs hypothèses sont calculées, alors la meilleure nous donne l'Etrangeté :
E = 1 - Max( [Hyp] )
En résumé, l'ensemble des arguments permet :
Enfin, pour les cas les plus complexes (présentant un degré d'étrangeté plus élevé ~ 2 à 5 %), un panel d'experts (à l'instar d'un jury) peut être sollicité afin de vérifier l'enquête et s'assurer qu'aucune hypothèse ou élément n'a été oublié.